Le préfet de Seine-et-Marne sur le terrain des grandes cultures
Le préfet de Seine-et-Marne, Jean-Luc Marx, s’est rendu à Andrezel le lundi 2 février pour visiter l’exploitation de grandes cultures d’Alexandre Granday et évoquer les grandes problématiques agricoles du département avec les responsables professionnels.


Cinq mois après son arrivée en Seine-et-Marne, le préfet Jean-Luc Marx s’est rendu sur l’exploitation d’Alexandre Granday à Andrezel le 2 février, répondant à l’invitation lancée par les présidents de la chambre d’Agriculture, Thierry Bontour, de la FDSEA 77, Arnaud Rousseau et de JA 77, Mathieu Beaudoin.
Alors qu’un fin manteau neigeux recouvrait la plaine, il a fait le tour de l’exploitation des 211 hectares drainés de la Brie centrale dont les principales cultures sont le blé, la betterave et l’orge. Outre le parc de matériel, les aménagements tels que l’aire de remplissage, le stockage des grains, la nécessité de produire des grains de qualité, ou encore le fonctionnement de cette entreprise qui travaille en commun avec deux entités familiales lui ont été expliqués. Alexandre Granday, qui se considère avant tout comme un producteur de matières premières, a fait toucher du doigt ce qu’il ressent en tant que chef d’entreprise. Il a terminé sa visite sur la volatilité des cours et la nécessité d’instaurer des mécanismes de lissage.
« Je ne connaissais ni les exploitations céréalières de ce type, ni les différents métiers qui y sont liés, ni l’importance du parc de machines. Cette visite était indispensable pour mieux appréhender comment vous travaillez et vos problématiques », a noté le préfet. Et pour apporter des précisions supplémentaire sur ce secteur économique, la carte d’identité de l’agriculture seine-et-marnaise lui a été présentée en insistant sur le poids des filières alors que Christophe Grison, président de Valfrance, MM Henry et Curé du groupe Soufflet et Cyril Lesaffre, directeur général du groupe éponyme, assistaient à la rencontre.
Un zoom sur le canton de Mormant par le président cantonal, Rémy Chatté, a complété la présentation. Puis les problématiques départementales — ainsi que des solutions pour avancer — ont fait l’objet d’échanges. Première d’entre eux : l’application de la réforme de la Pac et du verdissement dont la profession comme l’administration s’accordent à dire qu’elle est complexe. « Nous avons besoin de l’appui vos services », a insisté Arnaud Rousseau. « L’aspect vert de la Pac — et notamment les Surfaces d’intérêt écologique (SIE) — est source d’inquiétude et d’incompréhension pour les agriculteurs », a surenchéri Mathieu Beaudoin.
Autre point : le mille-feuille environnemental et la gouvernance de l’eau, un sujet sensible dans le département. « Des politiques différentes doivent être conduites car nous n’avons pas tous les mêmes pratiques », a plaidé Christophe De Rycke, vice-président de la chambre d’Agriculture. Et de mettre l’accent sur les difficultés de compréhension avec l’agence de l’eau. Quant à Laurence Fournier, présidente de la commission foncière et élue chambre locale, elle a mis en garde contre la consommation de foncier qui menace la pérennité des exploitations. Enfin, le financement des chambres d’Agriculture ainsi que l’empilement des structures et le manque de visibilité sur les compétences et les moyens des collectivités ont été évoqués.
« Nous défendons une agriculture familiale ancrée dans son territoire et attachée à la modernité. La diversité des productions, des circuits de commercialisation, des modes de production font la richesse de notre agriculture mais pas l’écologie de la décroissance. Nous avons des solutions, des outils… Le gouvernement et le préfet doivent nous donner les moyens d’aller de l’avant », a conclu Arnaud Rousseau. Des propos appuyés par Thierry Bontour : « Les structures agricoles dans le département de Seine-et-Marne sont complémentaires pour accompagner tous les agriculteurs. Nous avons une démarche positive », a conclu le président de la chambre d’Agriculture.