Vie syndicale
Dégâts de gibier : « le logiciel doit changer »
Retour sur les points clés des propositions faites par la FDSEA 77 et les JA 77 à la Fédération départementale des chasseurs au sujet de la gestion des dégâts de grand gibier.
Retour sur les points clés des propositions faites par la FDSEA 77 et les JA 77 à la Fédération départementale des chasseurs au sujet de la gestion des dégâts de grand gibier.

Dans un contexte de fort désaccord à la suite du changement de politique impulsé par la Fédération départementale des chasseurs de Seine-et-Marne (FDC 77) concernant la gestion des dégâts de gros gibiers, les présidents de la FDSEA 77 et de JA 77, ainsi que les présidents des commissions faune sauvage, respectivement Samuel Vandaele, Maxime Liévin, Philippe Girardot et Guillaume Maris, ont co-signé un courrier à destination du président de la FDC 77, Benoit Chevron. Leur but : être source de solutions pour éviter que les agriculteurs déjà pénalisés par des dégâts dans leurs parcelles le soient encore plus. En voici les points essentiels.
« La gestion des dégâts de grands gibiers est un sujet que le monde de la chasse et le monde agricole partagent et doivent encore mieux appréhender. Si dans un premier temps, des signaux positifs ont été adressés par la fédération des chasseurs, certaines positions ont interpelé les agriculteurs. En effet, la profession agricole a été aux côtés des chasseurs pour développer des solutions tant sur la boîte à outils que sur le plan financier. Certes, nous avions des divergences mais nous pensions que nos objectifs étaient partagés.
Aussi, nous n’avons pas compris le changement de politique insufflé par la FDC 77 contre les agriculteurs avec des abattements à tout va, une modification de la politique des clôtures ou encore la facturation de nouveaux frais pour protéger les cultures.
Pour autant, nous estimons qu’il est de notre devoir d’avancer et de proposer des solutions. »
Une boîte à outils à développer
« Depuis deux ans, l’État a développé de nouvelles possibilités pour protéger les cultures mais surtout pour diminuer les populations, poursuit le courrier. Aujourd’hui, nous sommes loin des objectifs définis par le Schéma départemental de gestion cynégétique qui imposait réglementairement un prélèvement moyen de 10 000 individus en corrélation avec la population.
Nous avons co-construit la boîte à outils seine-et-marnaise mais au regard de la hausse des dégâts et des prélèvements moyens de 15 000 sangliers, nous demandons à engager dès maintenant tous les outils supplémentaires (le piégeage, le tir de nuit voire le tir sur les zones d’appâtage) et la simplification des procédures pour les outils existants.
Il est indispensable que les chasseurs disposent de tous les moyens pour réduire les populations ».
Oui aux clôtures mais pas à n’importe quel prix
« La FDC 77 a fait le choix unilatéral de modifier ses engagements pour les clôtures de protection, écrivent les présidents. Face aux remontées du terrain, la FDC 77 est revenue vers la profession avec différents schémas de protection qui demanderont à être étudiés par la commission faune sauvage.
En préalable, la pose de la clôture ne peut pas être à la charge des exploitants et à aucun moment un agriculteur qui n’aurait pas les moyens ou la volonté d’investir dans une clôture ne doit être pénalisé dans son indemnisation. »
Politique d’abattement inacceptable
« Nous dénonçons la politique d’abattement de la Fédération des chasseurs sur les indemnisations sollicitées par les agriculteurs. Pour la FDC 77, ces abattements visent à connaître la situation sur le terrain et faire réagir l'agriculteur. Nous ne sommes pas opposés au principe de l’abattement lorsqu’un agriculteur est en faute mais il doit être proposé après une enquête de terrain et non l’inverse.
Par ailleurs, il est anormal que des dossiers prennent plusieurs mois pour être traités. Dès qu’un abattement est proposé, le dossier doit être présenté lors de la commission départementale d’indemnisation suivante. »
Une protection des cultures gratuite pour les chasseurs
« Nous demandons la suspension de la facturation de 130 euros — et le remboursement pour ceux qui ont déjà payé cette somme — pour être détenteur d’un arrêté départemental de protection des cultures à l’affût à partir du 1er avril.
Nous demandons la suppression de tout bouton lors des tirs d’affût, des tirs autour des machines et des tirs dans les cultures quelle que soit la date.
En bref, il faut lever tous les freins pour le tir du sanglier.
La ruralité, que la chasse et l’agriculture doivent porter haut, a tout à perdre et les opposants de tous bords ont tout à gagner de nos dissensions. Aussi, par les propositions que porte la profession agricole, nous souhaitons apporter notre concours. Il est urgent de se remettre autour de la table », conclut la lettre.