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Arboriculture
Quelles sont les premières conséquences du gel ?

Cette année encore, le gel s’est invité en ce début avril. Moins intense qu’en 2021, les arboriculteurs du Loiret ont tout de même dû protéger leurs cultures.

Les premières nuits d'avril auront été courtes pour les arboriculteurs loirétains. Du jeudi 31 mars au lundi 4 avril, les prévisions météo les ont maintenus en état d’alerte. Les protections antigel ont été déclenchées, notamment durant la nuit de dimanche à lundi, annoncée comme la plus froide de cet épisode de gel. « En fonction des secteurs, nous avons enregistré des températures allant de - 3 °C à - 7,5 °C », annonce Betty Fidalgo, conseillère technique arboriculture à la chambre d’Agriculture du Loiret et membre du Centre orléanais de vulgarisation et d'études des techniques arboricoles (Coveta).

Jusqu'à - 7,5 °C

Contrairement à 2021, cet épisode de gel a été moins virulent et plus court. « Le gel aura été le plus dévastateur dans la nuit de dimanche à lundi, précise Betty Fidalgo. Les zones les plus froides, concernées par les - 7,5 °C, sont principalement les bordures de bois, la Sologne et l’Est du département ». Dans les secteurs arboricoles de Saint-Hilaire-Saint-Mesmin, Mareau-aux-Prés et Mézières-lez-Cléry, les températures sont descendues jusqu’à - 6 °C. - 5 °C ont été enregistrés à Semoy et à Saint-Jean-de-Braye, secteurs pourtant proches du centre-ville.

Dégâts maîtrisés pour la pomme

« La Golden et la Gala sont des variétés de pommes qui paraissent aujourd’hui assez épargnées, rassure la conseillère de la chambre d’Agriculture. Beaucoup de fleurs semblent ne pas être touchées par le gel ». Cependant, les dégâts dus au gel restent difficiles à appréhender à l’heure actuelle. « Parfois, malgré l’aspect gelé de la fleur, les pépins peuvent ne pas être touchés, poursuit Betty Fidalgo. Il est encore trop tôt pour déterminer la qualité épidermique du fruit. Le gel a pu provoquer des nécroses qui se traduiront plus tard par des défauts d’épiderme sur le fruit. » Les arboriculteurs pourront réellement constater les dégâts au moment de la chute physiologique des fruits au mois de juin et ainsi définir les rendements de leur ­parcelle.

Les abeilles au secours des cerises

Certaines variétés de cerises sont plus impactées par le gel que d’autres. « La Burlat, la Folfer et la Samba étaient déjà en fleur voire en défloraison, explique Betty Fidalgo. Ces variétés ont été particulièrement touchées par le gel et une perte de potentiel est à craindre. Cependant, la floraison n’est pas terminée pour toutes les variétés comme la Kordia, la Régina, la Belge, ou encore la Noir de Meched. Il faut maintenant que les fleurs de ces variétés soient fécondées ». Pour cela, les températures des prochains jours doivent être douces afin que les abeilles puissent faire leur travail.

Les poires sauvées par l’aspersion

Le gel aura également fait des dégâts sur les poiriers, notamment sur la William. « Heureusement la poire a la capacité de faire des fruits parthénocarpiques, c’est-à-dire des fruits sans pépins, assure la conseillère arboricole. Ce n’est pas parce que la fleur est gelée qu’il ne se développera pas de fruit ».

Jérôme Brou, arboriculteur à Saint-Denis-en-Val, possède 13 hectares de poires et 2 hectares de cerises. À la suite des annonces météo, il a installé des filets protecteurs au-dessus de ses cerisiers il y a deux semaines. Après plusieurs nuits de surveillance, il a utilisé son système d’aspersion pour protéger ses poiriers dans la nuit de dimanche à lundi. « À 1,50 m sous abri, la température est descendue à - 3,9 °C, explique-t-il. L’aspersion a bien fonctionné et je n’ai, à priori, pas de dégâts quantitatifs sur mes arbres. Mais il faudra attendre le mois de juin pour constater s’il y a des dégâts qualitatifs ou non ». Si ce premier épisode de gel est passé, l’arboriculteur reste vigilant car des épisodes de gel peuvent encore survenir jusqu’au 10 mai. Une information confirmée par Betty Fidalgo.


« Multiplier les méthodes de lutte
contre le gel pour s'adapter aux cultures »

Thierry Lanson produit, avec son frère, poires, pommes et cerises à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et Sandillon. Il explique sa lutte antigel.
En 1986, Thierry Lanson s'est installé en société avec son frère Christophe Lanson. Les deux frères cultivent 70 hectares de vergers (40 ha de poiriers, 15 ha de pommiers et 15 ha de cerisiers) à Saint-Hilaire-Saint-Mesmin et à Sandillon. Pour protéger ses vergers du gel, il utilise différentes méthodes de protection. Pour sauvegarder ses poiriers et ses pommiers, il opte pour l'aspersion, les bougies et détient un Frostbuster* alimenté au gaz. « Nous protégeons un peu plus de 90 % de nos vergers. Environ 60 hectares sont préservés grâce à l'aspersion, un hectare grâce au Frostbuster* et un hectare grâce aux bougies. » L'exploitant a installé ses protections une quinzaine de jours avant le début des premières gelées. « Nous avons lancé l'aspersion samedi et dans la nuit de dimanche à lundi, la plus froide, nous avons combiné toutes nos méthodes de lutte antigel : aspersion, bougies et ­Frostbuster*. »
Des rendements incertains
« Grâce à l'aspersion sur frondaison, les pommiers et les poiriers sont correctement recouverts de glace. Le bourgeon est ainsi protégé et reste à une température constante située entre - 0,5 et - 1,5 °C. »
Thierry Lanson utilise peu l'aspersion pour ses cerisiers car cette méthode peut les contaminer (bactériose) et/ou les asphyxier (excès d’eau). L'arboriculteur a préféré utiliser des bougies pour protéger ces arbres-là. Pour le moment, il ne peut pas établir l'étendue des dégâts, s'il y en a.

*Appareil propulsant de l'air chaud.

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