Énergie : « Faciliter la mobilisation des acteurs »
L’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (Ademe) Centre-Val de Loire vient de publier son rapport d’activité 2019. Mohamed Amjahdi, directeur de l’entité, répond à nos questions.

Horizons : En 2019, l’Ademe a soutenu cent trente-cinq projets* pour quatorze millions d’euros : un commentaire sur ces chiffres ?
Mohamed Amjahdi : Ceux-ci traduisent une dynamique de transition écologique et énergétique sur le territoire. L’Ademe et les différents acteurs souhaitent poursuivre leur action en matière de réduction de la consommation d’énergie, de développement des énergies renouvelables, d’économie circulaire et de méthanisation agricole.
S’y ajoutent l’alimentation et l’impact de nos modes de consommation. Nous avons une vision à 360 degrés de la transition écologique. Celle-ci exige une synergie entre les élus, les acteurs économiques et les associations. Les hommes et les femmes occupent également une place prépondérante : nous sommes tous citoyens.
Quelle place accordez-vous à l’agriculture ?
L’agriculture ne relève pas de notre compétence. Cependant, nous y entrons sous l’angle de la transition écologique et énergétique. En partenariat avec la chambre régionale d’Agriculture, nous accompagnons le développement de la méthanisation en Centre-Val de Loire.
En lien avec la Région et la Direction régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt, nous travaillons sur l’alimentation durable. Objectif : inscrire ce sujet dans les plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET).
Combien de projets de méthanisation avez-vous financés en 2019 ?
Nous accompagnons l’ensemble des projets (cogénération ou injection du gaz dans le réseau). Leur taille n’entre pas en ligne de compte. En revanche, nous œuvrons à ce que ceux-ci soient territoriaux et multiacteurs. L’enjeu : apporter un service sur le plan énergétique et de l’élimination des déchets agricoles, fermentescibles et ménagers.
En 2019, avec la Région, dans le cadre du Feder (Fonds européen de développement régional), nous avons soutenu quinze projets. Depuis quelques années, la filière est devenue mature. Certains projets associent cinquante acteurs. En 2020, dix-huit projets** ont été déposés. Ceux-ci ont été soumis récemment à un comité de sélection.
Que pouvez-vous nous dire de l’industrie agroalimentaire ?
De nombreuses entreprises produisent de la chaleur. Or une partie de celle-ci est perdue. On l’appelle la chaleur fatale. Question : comment aider ces entreprises à optimiser cette énergie en la réinjectant dans leur process ou en trouvant une utilisation proche de leur lieu de production ?
Avec l’Area (Association régionale des Entreprises alimentaires), nous sensibilisons ces entreprises. Certes, la crise actuelle n’est pas la meilleure période…
Justement, comment accompagnez-vous la relance de la filière agroalimentaire ?
Pour 2020, l’Ademe dispose d’un budget conséquent. Nos priorités : les énergies thermiques renouvelables, la gestion des déchets et le développement de l’économie circulaire. L’objectif est de faciliter la mobilisation des acteurs. Nous avons également des projets de mobilité durable.
Ainsi, le Département du Cher, avec de multiples partenaires, porte un projet relatif à l’hydrogène. Nous sommes à l’écoute des acteurs du territoire afin d’être le plus efficient possible.
Propos recueillis par Olivier Joly
*Ces projets représentent 73 millions d’euros d’investissements.
**Ces projets représentent 120 millions d’euros d’investissements. Les aides de l’Ademe devraient s’élever à six millions d’euros.