Agroécologie
Ecobordure : outil de diagnostic de bordures de champs
Créé en 2005, Ecobordure est un indicateur d’évaluation de l’état agroécologique de bordures de champs. Chloé Swiderski, chargée de mission à l’association Hommes et Territoires, dévoile les futurs projets du dispositif.
Créé en 2005, Ecobordure est un indicateur d’évaluation de l’état agroécologique de bordures de champs. Chloé Swiderski, chargée de mission à l’association Hommes et Territoires, dévoile les futurs projets du dispositif.



L’outil Ecobordure a été créé par l’Inrae Sad-Paysage de Rennes dans sa version adaptée au contexte de polyculture-élevage en paysage bocager du Massif armoricain. Une version adaptée aux plaines céréalières de Beauce a ensuite été créée par l’association Hommes et territoires.
« À partir de l’observation simplifiée de la flore, il est possible de déterminer l’origine de sa présence et si elle est liée aux pratiques menées dans les parcelles adjacentes ou sur les bordures, mais également de connaître les fonctions écologiques potentielles des bordures de champs », explique Chloé Swiderski, chargée de mission à l’association Hommes et Territoires depuis 2017.
Mieux appréhender l’état de ses bordures
Ecobordure permet de diagnostiquer les bordures de champs et de proposer des conseils de gestion adaptés à leur état.
« Il y a une trentaine d’espèces indicatrices propres à chaque version d’Ecobordure. Elles sont réparties en trois archétypes : les espèces prairiales, les espèces de lisières ou forestières qui représentent une flore pérenne, diversifiée, refuge pour la faune et les auxiliaires ; et les espèces adventices souvent annuelles qui représentent un risque de contamination pour la parcelle », explique la jeune femme.
Le diagnostic s’effectue sur une bordure en parcourant un transect de 25 mètres et en identifiant la présence des espèces indicatrices. Il est possible de mener le diagnostic à l’échelle de l’exploitation agricole ou d’un ensemble d’exploitations (diagnostic territorial) en s’appuyant sur un échantillon représentatif de bordures de champs.
Chloé Swiderski précise que d’autres examens sont également nécessaires : « Je mesure la largeur de la bordure et j’observe les indices de pratiques (traces de dérives de produits phytosanitaires par exemple), ainsi que le voisinage de la bordure (le chemin, la route qui se trouvent à proximité) ».
À l’issue du diagnostic de l’exploitation ou du territoire, un rapport de résultats permet de faire l’état des bordures et propose des conseils de gestion spatialisés sur une carte.
Les formations Ecobordure
Ecobordure a été adapté en 2014, afin de correspondre à la zone plaine céréalière de Beauce. Les espèces indicatrices ont été ajustées à la flore du territoire. Chloé Swiderski rappelle que « la flore dépend évidemment du contexte agricole et pédoclimatique ».
Pour adapter l’outil, il a fallu faire des relevés exhaustifs sur environ 700 bordures de champs en Beauce. Ces relevés ont été couplés à des enquêtes de pratiques auprès des exploitants et des analyses statistiques afin de sélectionner les espèces indicatrices.
Pour prétendre à l’outil Ecobordure, cela nécessite une formation délivrée par le réseau Ecobordure porté par l’Inrae Sad-Paysage, l’association Hommes et territoires et Agrocampus Ouest, entre mai et juin. « Nous proposons cette formation à cette période car la flore doit être sortie mais pas encore fanée. Il s’agit de deux jours et demi de formation, détaille la chargée de mission. Nous formons à l’outil des conseillers et des techniciens ainsi que des enseignants de lycée agricole ».
Durant cette formation, les inscrits participent à plusieurs ateliers sur le terrain et à des sessions théoriques en salle. L’objectif est de former à la reconnaissance des espèces indicatrices, au principe de l’outil et à la méthodologie de diagnostic.
Un projet de déploiement national d’Ecobordure
Face à une demande croissante, les membres du réseau Ecobordure et leur partenaires* prévoient de développer le réseau.
« Notre objectif est d’adapter l’outil dans de nouvelles zones géographiques, d’approfondir une démarche d’appui aux transitions agroécologiques à partir des bordures de champs, et enfin proposer des scénarios de formation et de co-apprentissage. Dans ce sens, une demande de projet Casdar appelée Debora** est en cours. Il s’agit de développer le réseau Ecobordure pour amener à la transition agroécologique », conclut Chloé Swiderski.
*APCA, chambre régionale d’Agriculture de Nouvelle-Aquitaine, association Hommes et territoires, Inrae Bretagne-Normandie/UMR Biodiversité agroécologie et aménagement du paysage, chambre régionale d’Agriculture Bretagne, Institut Agro/Agrocampus Ouest, Unité de service Mosaïc du Muséum national d’histoire naturelle.
**Debora = Développer des démarches de transitions à partir d’un diagnostic agroécologique de bordures de champs et la mise en réseau d’acteurs.