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De sable et de grès

Le désert du Wadi Rum, en Jordanie, fascine par la beauté de ses paysages et la richesse de son histoire.

Pour y accéder, on emprunte la « route du désert » qui traverse le pays du nord au sud. Une fois sur place, on se demande si l’on a débarqué au milieu d’un film, d’un mirage ou de l’Arizona. Dans le sud-ouest de la Jordanie, à 100 km de Petra et à une heure de la mer Rouge, le Wadi Rum est un désert spectaculaire de 74 000 hectares, à la fois site archéologique et zone protégée.

La tectonique et le climat en ont fait un désert tout en reliefs. « Wadi » vient de l’arabe وادي (ouādī) signifiant « vallée » ou « lit de rivière ». 

De fait, le Wadi Rum est une vallée, creusée au fil du temps par l’érosion d’un cours d’eau dans des rochers de grès et de granite, puis devenue aride lorsque le climat s’est asséché, au IIIe millénaire avant J.-C. De colossales formations de grès ocre — la plus haute, Jebel Rum, culmine à 1 734 mètres — surplombent de vastes dunes de sable rose ou doré.

Défilés étroits alternent avec larges canyons. Les grottes et les sources côtoient les arches rocheuses façonnées par les vents.

Avec un peu d’attention, on découvre les plantes du désert — 200 espèces de fleurs et d’herbes sauvages sont recensées. Avec de la chance, on apercevra un caracal, un oiseau de proie, un lézard bleu ou un bouquetin de Nubie.

Des temples, monticules funéraires et autres systèmes de captage témoignent de 120 siècles d’occupation du désert par l’homme. Par centaines, des dessins millénaires, scènes de chasse et d’agriculture, sont gravés dans la roche. Des inscriptions thamudiques, nabatéennes et arabes évoquent les débuts de l’écriture alphabétique.

Divers vestiges rappellent que l’officier gallois T. E. Lawrence, dit Lawrence d’Arabie, était basé ici entre 1917 et 1918, lorsqu’il prit part à la révolte arabe contre les Ottomans.

On croise le chemin de fer du Hedjaz, qui reliait Damas à Médine au début du XXe siècle et qui ne transporte plus désormais que des marchandises. Mentionnés dans divers textes grecs et romains puis dans le Coran, les lieux sont quasi-légendaires. Soie, encens et épices transitaient dans le Wadi Rum en caravane avant l’avènement de la marine marchande. Les Hébreux en chemin vers la Terre promise empruntèrent peut-être aussi ces pistes.

Ces paysages somptueux ont accueilli le tournage de plusieurs films, dont Lawrence d’Arabie (David Lean, 1962), Seul sur Mars (Ridley Scott, 2015) et Aladdin (Guy Ritchie, 2019).

La vallée est habitée par des bédouins aujourd’hui sédentarisés, qui s’impliquent dans la protection du désert et dans des activités liées au tourisme. Pas moins de 100 000 visiteurs parcourent le Wadi Rum chaque année, à pied, à dos de dromadaire, en 4x4, en quad, voire en ballon. On peut aussi pratiquer l’escalade, randonner et même courir le marathon.

Plusieurs campements inspirés du mode de vie bédouin sont disséminés dans les étendues sauvages pour loger les touristes.

On s’y délasse sur des coussins confortables, on y contemple le feu de bois qui chauffe le thé à la menthe, on y dort sous d’épaisses tentes en peau de chèvre, on y déguste des plats cuits plusieurs heures dans le zarb, un four traditionnel enfoui dans le sable.

Les silhouettes de grès orangé s’estompent au fur et à mesure que le soleil se couche. Bientôt, il n’y a plus qu’à aller se perdre dans le noir et compter les étoiles filantes.

Laure Sauvage
avec Fanny Abella pour les photos

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