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Prospective
« Accepter le chant du coq et l’odeur du méthane »

La rencontre économique organisée par le campus dunois Les Champs du possible le 26 mai avait pour thème la transition énergétique et comme grand témoin Jean-François Carenco, président de la Commission de régulation de l’énergie.

Le 26 mai, à Châteaudun. Jean-François Carenco est venu partager sa vision de la transition énergétique avec le campus Les Champs du possible.
Le 26 mai, à Châteaudun. Jean-François Carenco est venu partager sa vision de la transition énergétique avec le campus Les Champs du possible.
© Laure Sauvage

Mercredi 26 mai, le campus Les Champs du possible - Village by CA de Châteaudun a organisé une conférence-débat sur le thème « La transition écologique, un enjeu majeur pour la planète et pour la France » autour de Jean-François Carenco, haut fonctionnaire et président de la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Mais aussi « visionnaire et inventeur du Grenelle de l’environnement », selon les mots de son ami Philippe Vigier, le président de l’association Les Champs du possible.

L’intervenant a partagé sa vision sur la nécessité d’une révolution énergétique, qui passe par un « changement de mix énergétique » sans pour autant « opposer nucléaire et renouvelable », afin de viser à terme la neutralité carbone. Pour lui, cette révolution doit passer par la maîtrise de la consommation — par exemple l’utilisation de voitures électriques —, la flexibilité (interconnexions, maîtrise du stockage et de l’effacement des énergies, etc.) et les énergies renouvelables. Il se montre confiant en l’avenir : « L’humanité a toujours relevé les défis qui se présentent à elle. Je crois à l’innovation, par les citoyens, les entrepreneurs, et cela dans un cadre réglementaire adapté ». D’ajouter : « Les avancées technologiques nous y aideront, au fur et à mesure que notre conscience écologique grandira. On y viendra ».

Externalités positives

Au sujet de la production d’énergie par le monde agricole, Jean-François Carenco martèle : « Les agriculteurs doivent pouvoir accéder à tout : le photovoltaïque, l’éolien et le gaz. Pour le photovoltaïque, il faut trouver de l’espace. L’éolien, c’est une question d’acceptation ». Il salue et encourage l’essor de la production de biométhane, listant les externalités positives de la méthanisation à la ferme : « réduire les déchets, faire de l’économie circulaire, aider les territoires, et accessoirement produire de l’énergie ! ». Il conclut : « Les projets sont là, la dynamique actuelle montre que les objectifs seront rapidement atteints. Mais il faut que nos amis citadins qui s’installent à la ferme acceptent le chant du coq et l’odeur du méthane ! Cette révolution ne marchera que si on accepte de vivre et travailler ensemble ».

S’ensuit un échange entre l’expert et l’assistance, constituée d’agriculteurs, de partenaires du campus et d’élèves du lycée agricole de Nermont. On évoque la notion de décroissance, le photovoltaïque au sol, le compromis entre énergie et production agricole, la répartition de la manne énergétique entre les différents agriculteurs et les différents territoires. Et à nouveau l’acceptation locale des projets, « compliquée dans nos sociétés occidentales qui consomment beaucoup, d’autant plus que les politiques ont mis en avant le droit à la liberté individuelle par rapport à l’aventure collective », analyse Jean-François Carenco.

Visite de terrain

Pour aider l’acceptation, il mise sur « la technique, l’innovation, les règles, par exemple la distance des éoliennes par rapport aux habitations, travailler là où les gens ont déjà l’habitude de voir des projets énergétiques, le courage politique… ».

Et une fois de plus, le dialogue. La visite de terrain qui suit la conférence-débat l’illustre : Jean-François Carenco est allé à la rencontre de Rémi Baudrin et Adrien Guyard, à Varize. Les deux agriculteurs ont lancé cette année Biogaz Beauce, un projet de méthanisation végétale par voie humide qui injecte 11 Gwh de biométhane par an dans le réseau GRDF. « Il n’y a pas eu de souci d’acceptabilité. Beaucoup de personnes sont venues ici, ça a déverrouillé pas mal de choses. L'odeur n'est pas un problème. La méthanisation reste un projet de territoire, et amène du lien social », relate Adrien Guyard.

Cette matinée thématique s'intégrait dans le virage que prend ces derniers mois le campus Les Champs du possible vers les projets en lien avec la transition énergétique et agro-écologique. L'écosystème dunois lance d'ailleurs cette année un living lab, en collaboration avec GRDF : un « laboratoire vivant » qui va tester des solutions innovantes pour permettre aux riverains de s’approprier les projets éoliens, photovoltaïques ou de méthanisation. Acceptabilité, toujours.

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