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Un « Amour fou » comme un uppercut

La jeune comédienne Roxane Kasperski a écrit et interprète « Mon Amour fou », au théâtre La Loge à Paris (XIe). Un spectacle au thème inhabituel — la bipolarité — et d’une rare intensité, servi par une interprétation et une mise en scène puissantes.

Il est des spectacles dont on ne sort pas vraiment indemne. En apparence, tout est comme avant, on sort manger un morceau en évoquant, avec des mots choisis, la force du thème, l’immense qualité de la comédienne, la grande puissance du texte, la finesse de la mise en scène… mais en soi, quelque part autour du plexus, quelque chose a changé. Profondément.

C’est l’uppercut Roxane Kasperski qui vous reste là, au creux du ventre. Un moment qu’on aurait voulu interminable au cœur de son histoire, celle d’un amour fou, celle de son amour pour un fou. Au sol, un fatras de sacs poubelle éventrés, de papiers, de trucs et de machins : le bazar. Aux murs, des néons bleus, impeccables et implacables. Et elle, partout à la fois, enveloppée dans une immense robe de conte de fée bleue à la traîne trop longue, fragile et inébranlable en même temps.

Elle raconte — non, elle incarne — son amour bipolaire. Son « serpent qui mue ». Et, en creux, sa bataille intime pour vaincre — à elle toute seule si possible car n’est-elle pas une héroïne de roman ? — la maladie invincible. « Il est beau. Il est bizarre. Il est beau. Il est bizarre. Il est beau-bizarre. » Et voilà qu’on l’aime avec elle, voilà qu’on le craint avec elle. On se surprend à sourire... et on souffre avec elle car il souffre et la fait souffrir : « Le vrai bipolaire n’a plus de contrôle de ses humeurs. » Alors il insulte, il vocifère, il est violent et ordurier... quelques minutes à peine après l’avoir appelée « mon ange ».

Mais ne vous y méprenez pas, il ne s’agit pas là d’une conférence cathartique sur la bipolarité, sorte de psychothérapie pour épouse blessée. Il s’agit bel et bien de théâtre, de théâtralité, de distance. D’une histoire. Une histoire d’amour douloureuse et sidérante, menée à mille à l’heure aux moyens d’une mise en scène intraitable (celle d’Elsa Granat) et d’une interprétation au cordeau et toute en émotion. L’ « Amour fou » de Roxane Kasperski en sort grandi. Et nous, rincés.

Courez-y.

Gaëlle Chalude

Jusqu’au 13 février à 19h à La Loge, 77, rue de Charonne à Paris XIe.  Réservations : 01.40.09.70.40. ou sur le site de La Loge.

Photo : Sébastien Godefroy

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