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Le lycée de Montoire prend en charge les handicaps cachés

Pour accompagner les élèves en situation de handicap, le lycée agricole de Montoire-sur-le-Loir (Loir-et-Cher) dispose d’une assistante de vie scolaire (AVS), Delphine Laurent.

Pierre, atteint de dyslexie sévère, est aidé par Delphine Laurent, assistante de vie scolaire au lycée de Montoire-sur-le-Loir.
Pierre, atteint de dyslexie sévère, est aidé par Delphine Laurent, assistante de vie scolaire au lycée de Montoire-sur-le-Loir.

Neuf heures par semaine, elle accompagne Pierre Pasquier, dix-sept ans, atteint de dyslexie — « un handicap qui ne se voit pas », précise le directeur de l’établissement, Gilles Strecker. Son rôle est de répondre aux besoins de cet élève en baccalauréat professionnel conduite et gestion d’une exploitation agricole (CGEA) : reformuler les consignes, dactylographier ses cours, les photocopier, adapter le vocabulaire.

« Pierre m’a aussi demandé d’être là en agronomie, le module le plus important pour lui car il l’a choisi comme option pour le baccalauréat. Je lui fournis des outils pédagogiques. »

Il y a cinq ans, quand Delphine Laurent a commencé cette activité, elle suivait trois élèves d’une même classe. Depuis deux ans, elle ne s’occupe que de Pierre. « Je ne peux effectuer cette mission que six fois un an. Il n’y a pas de titularisation donc on ne peut pas vraiment parler de métier. C’est quelque chose de provisoire. »

En parallèle, Delphine Laurent est assistante d’éducation à mi-temps. Cet emploi lui permet d’être dans l’établissement pratiquement tous les jours « et je peux me décharger une heure si Pierre en a besoin ». Aucune compétence particulière n’est demandée pour devenir AVS mais des formations et stages sont proposés dans l’éducation nationale comme dans l’enseignement agricole.

« Il faut qu’une relation de confiance s’installe. Au début, je n’osais pas venir en cours car je suis un support pour Pierre qui n’est pas toujours bien perçu par les autres élèves, mais peu à peu, j’ai trouvé ma place », confie l’AVS.

Grâce à ce dispositif, Pierre a eu la possibilité de poursuivre son apprentissage dans l’enseignement agricole et de ne pas être orienté vers l’enseignement spécialisé. « Pierre se donne les moyens de réussir. Il faut qu’il y ait la 
motivation du jeune et des parents derrière pour que le travail soit efficace », explique Gilles Strecker. 

L’adolescent a été diagnostiqué dyslexique sévère à l’âge de six ans. Son handicap se manifeste par des problèmes d’apprentissage à la lecture, une écriture difficile à déchiffrer et un vocabulaire peu développé. Dès la classe de sixième, Pierre Pasquier a reçu l’aide d’une AVS. « J’arrive à lire et écrire mais je ne comprends que la moitié des énoncés. Et parfois, je n’arrive pas à me relire », confie-t-il.

Delphine Laurent l’accompagne pour son travail scolaire mais, après la terminale, elle ne sera plus là. « Ce serait compliqué sans elle, surtout pour les contrôles et pour les professeurs qui n’arrivent pas toujours à me relire. Mais je pense que mon handicap va s’amenuiser au fil des années. Je l’aurai toute ma vie mais avec l’informatique aujourd’hui, je ne devrais pas être trop embêté pour mon futur métier. » Pierre Pasquier compte reprendre l’exploitation familiale, en production céréalière.

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