Éric Yung, amateur d’arts
Éric Yung est journaliste et écrivain. Avec sa femme et son fils, il est l’hôte du domaine de La Chapinière, un lieu dédié à l’art du vin, à l’art équestre et aux beaux-arts.

À Châteauvieux (Loir-et-Cher), trois mondes se côtoient et se mélangent au domaine de La Chapinière : la vigne, le cheval et les beaux-arts.
Éric Yung est l’un des artisans de ce triptyque. Il a investi les lieux il y a « dix-onze ans », avec son épouse Florence : « Elle est docteur en maths et dirigeait un groupe financier. Pour elle, c’était un rêve d’enfant d’avoir une entreprise agricole. Moi, j’en avais marre de Paris », raconte-t-il.
En 2003, l’occasion se présente et le couple se lance : Florence suit une formation pour devenir vigneronne, reprend le domaine, l’agrandit, l’oriente vers l’œnotourisme.
Il y a trois ans, Matthieu — le fils aîné d’Éric, dresseur de chevaux — rejoint l’aventure et appose son empreinte. Il installe sur le domaine des écuries et un manège, propose des prestations équestres.
« Ensemble, nous avons alors monté le Pavillon des arts », ajoute Éric Yung.
Ce pavillon, c’est un espace où le trio organise « des expositions, des réunions, des concerts, des spectacles, des rencontres d’auteurs… » Un « succès ! », se réjouit l’écrivain.
Son violon d’Ingres à lui, c’est la littérature. « Je suis fils unique, j’ai beaucoup lu… J’ai longtemps cru que les livres étaient des conversations qui ne s’arrêtent pas. » L’étendue de ses références littéraires est à l’image de sa bibliothèque : très grande. « J’ai été marqué très jeune par Malraux, Mauriac, Le Clézio à ses débuts... » Mais aussi « Conan Doyle, Joyce, Simenon, Colette, Truman Capote ».
Jadis policier, il est devenu journaliste, écrivain, chroniqueur de radio.
« La tentation de l’ombre », roman inspiré de son passé de flic, paraît en 1999. D’autres ouvrages suivront. « Je prépare un livre sur le syndicaliste Marc Blondel, un autre sur les escroqueries légendaires », annonce-t-il.
Pour lui « il faut être artisan pour être écrivain, il faut chercher, en baver, assembler les mots… » Tout un art !
Un peu comme le travail du vin. « L’effeuillage de la vigne, ce sont des kilomètres assis ou à genoux. La vinification, c’est jour et nuit… Il faut goûter les jus, les travailler comme un peintre travaille son tableau. Chaque demi-degré compte ! »
L’analogie entre l’art et le produit de la vigne se poursuit : « On expose le vin, on le fait goûter, on participe, on le fait aimer… Il y a de l’odeur, de la couleur, on éveille les sens… c’est une petite œuvre d’art ! »