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Mécanique
« Le matériel agricole possède plus de technologies qu’un camion ou un bus »

Le recrutement de mécaniciens agricoles est une des difficultés rencontrées par les concessionnaires. Rencontre avec Julien Antoine, directeur de Motobrie, en Seine-et-Marne, et un de ses salariés.

 Franck Lamotte et Julien Antoine
Provins, lundi 16 novembre. Julien Antoine, directeur de Motobrie, et Franck Lamotte, mécanicien agricole depuis 24 ans sur la base du Provinois.

« Un mécanicien agricole doit être multitâches. Dans nos concessions, comme lors de dépannages extérieurs, nous faisons le diagnostic de la mécanique et des réparations qui ne sont d’ailleurs parfois plus réalisées en mécanique générale. Le métier est mal connu ou a une mauvaise image. Les gens s’imaginent qu’en mécanique agricole, nous en sommes encore à l’âge de pierre, alors qu’un tracteur, une moissonneuse-batteuse et le matériel attelé possèdent plus de technologies qu’un camion ou un bus. Notre image est mauvaise et il est difficile d’attirer de nouvelles vocations. », explique le directeur de Motobrie, Julien Antoine, qui s’implique dans la formation.

La mécanique agricole attire peu et forme un nombre réduit de jeunes. Pour preuve, en Seine-et-Marne, seul le lycée Cormier de Coulommiers forme à la mécanique agricole, mais dans des sections (bac professionnel et BTS) à l’effectif réduit (5 apprentis en première année de BTS). Motobrie travaille en lien avec cet établissement en prenant de nombreux apprentis, et en fournissant à l’établissement de l’outillage et un tracteur neuf à l’année.

Le concessionnaire travaille aussi en lien étroit avec les lycées de Bar-sur-Aube  et de La Ferté-Milon, respectivement dans l’Aube et l’Oise, des départements où le groupe possède des bases. « Dans ces zones, le remplissage des formation de mécanique agricole est meilleur, c’est peut-être lié au fait que la part de population qui vit autour de l’agriculture est plus importante », note Julien Antoine, qui compte dix apprentis pour 78 salariés. « Sur mes six bases, il me manque quasi un technicien par base ».

Comme ses collègues, il doit également tordre le cou à certaines idées reçues : le niveau des salaires, qui pourtant n’ont pas à rougir, bien au contraire de ceux de la mécanique générale, et l’absence de vacances durant la période estivale alors que, la moisson se déroulant sur un laps de temps réduit, il ne reste plus qu’un ou deux week-ends d’astreinte et uniquement pour les spécialistes du matériel de récolte.

Bref, « mécanicien agricole est un métier passionnant, varié, avec une formation permanente auprès des constructeurs », conclut Julien Antoine qui regrette de ne pas pouvoir répondre favorablement à toutes les demandes de stages faute de monde sur ses bases pour accueillir les jeunes.

Cet article est le premier d'une série sur des métiers en lien avec l'amont ou l'aval de l'exploitation agricole. À suivre prochainement ! 

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