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«  Nous espérons que la saison sera bonne  »

Apiculteur à Yvoy-le-Marron, Nils Aucante représente la profession à la FNSEA 41 et à la FNSEA Centre-Val de Loire. Il livre son regard sur la filière.

Horizons : Comment êtes-vous devenu apiculteur et en quoi consiste votre métier  ?

Nils Aucante : Mon grand-père et mon père possédaient des ruches en tant qu’amateurs. J’ai repris la ferme en 2016. C’est à la fois une continuité familiale et une discontinuité professionnelle. Auparavant, j’étais reporter et réalisateur à l’international. J’ai trois cents ruches. Je produis du miel et du pollen et j’élève des abeilles. Je pratique également la sélection génétique de reines car je travaille avec de l’abeille noire locale. Je vends des reines et des essaims aux professionnels et aux amateurs. La ferme compte aussi trente brebis solognotes.

Que faut-il pour créer un élevage apicole  ?

Je recommande d’effectuer une saison complète chez un professionnel et, en parallèle, de se former. Nous dépendons de la météo. Or celle-ci change de plus en plus. Conséquence  : d’une année sur l’autre, la production de miel varie de un à dix. Dans d’autres secteurs, la situation ne serait pas tenable. De même, certaines années, des apiculteurs amateurs perdent 50  % de leur cheptel par manque de formation. Même les professionnels se forment. Exemple  : l’élevage de reines. Ainsi, je crée de nouvelles colonies pour l’année prochaine. Nous avons besoin d’avoir un temps d’avance. C’est la raison pour laquelle le métier est plus complexe que trente ans auparavant.

Que représente l’apiculture en Loir-et-Cher et en Centre-Val de Loire  ?

La région compte de nombreux professionnels, certes moins que dans le sud de la France ou en Auvergne-Rhône-Alpes. Une grosse partie des ruches est détenue par des amateurs. Les ruchers-écoles sont relativement rares. En revanche, la transhumance est très répandue. Les apiculteurs déplacent leurs ruches sur du colza ou du tournesol. De nouvelles cultures type lavande apparaissent et des apiculteurs fabriquent du miel de lavande. Par ailleurs, en été, des apiculteurs extérieurs à la région viennent faire du miel de forêt en Sologne  : acacia, châtaignier, etc.

Y a-t-il une ou plusieurs manières d’élever des abeilles  ?

Il y a autant de manières de procéder qu’il y a d’apiculteurs  ! Chacun crée le modèle qui lui convient. Personnellement, étant solognot et sédentaire, je produis du miel forestier. Pour vivre de son métier, trois cents ruches au minimum sont nécessaires.

Quels sont les débouchés du miel loir-et-chérien  ?

Ma réponse est la même que précédemment  : il y a un débouché par apiculteur. Certains se focalisent sur les marchés. D’autres vendent à fûts à des intermédiaires qui conditionnent pour la grande distribution. Des opérateurs achètent du miel de la région pour l’export. Personnellement, je valorise mon miel biologique en vendant à la ferme, à des restaurants et à des épiceries fines.

Le passé a été marqué par des tensions entre agriculteurs et apiculteurs : qu’en pensez-vous ?

Les abeilles sont surtout sur le colza et le tournesol. À une époque, les problèmes ont concerné les semences enrobées et le traitement des cultures. Les interventions n’étaient pas effectuées aux moments opportuns. Aujourd’hui, dans la région, les diverses professions travaillent en bonne intelligence.

Quelles sont les conséquences du Covid-19 sur votre filière  ?

Des apiculteurs vendaient dans des lieux touristiques ou à des restaurants. Leur fermeture (cet entretien a été réalisé le 21 mai, NDLR) a entraîné une perte de chiffre d’affaires. Le confinement est intervenu pendant un temps fort de la saison apicole. N’ayant plus à nous soucier des ventes, nous avons davantage travaillé dans nos ruches. Les apiculteurs se sont recentrés sur leur métier. Cependant, pour la vente en gros, le prix constitue une vraie question. Les cours des miels de printemps ont chuté. Certains apiculteurs ne vendent pas leur récolte car ils attendent une remontée des prix. Nous espérons que la saison sera bonne et que nous pourrons pallier à la crise dans l’année qui vient.

Propos recueillis par Olivier Joly

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