Patrimoine
Le Panthéon des illustres
Édifié par Louis XV, le Panthéon, à Paris, accueille depuis la Révolution les tombeaux des illustres représentants de la France.
Édifié par Louis XV, le Panthéon, à Paris, accueille depuis la Révolution les tombeaux des illustres représentants de la France.
«Aux grands hommes, la patrie reconnaissante ». La devise qui orne le Panthéon résume à elle seule la vocation que la République a souhaité attribuer à cette église, sur la montagne Sainte-Geneviève, à Paris, dans le 5e arrondissement. Voulu par Louis XV, souffrant, l’édifice devait à l’origine abriter les reliques de Sainte-Geneviève, qui a permis de repousser l’invasion des Huns dans la capitale, au Ve siècle.
La construction du Panthéon se termine en 1790, alors que la fureur révolutionnaire a déjà débuté, même si le projet de Soufflot n’a pas été totalement exécuté. Mirabeau, décédé en 1791, sera le premier homme à être inhumé au Panthéon, mais il n’y restera que trois ans. Les révolutionnaires ont en effet découvert aux Tuileries qu’il entretenait une correspondance illégale avec Louis XVI et il est perçu comme un traître à la nation. Son corps est donc déplacé au cimetière de Clamart.
La même année, Voltaire rejoint la crypte du Panthéon, suivi trois ans plus tard de Jean-Jacques Rousseau, placé face à lui. Sous Napoléon Ier, le bâtiment redevient une église et de nombreux militaires sont inhumés dans les différents caveaux de la crypte, aux côtés d’hommes politiques. Ce n’est que sous la Restauration que l’église est officiellement consacrée, avant que la Monarchie de Juillet n’en fasse de nouveau un panthéon. Le Second Empire décide de rendre le lieu au culte. Le retour de la République en fait définitivement le lieu de repos des grands hommes.
Mais ce n’est qu’en 1885 que Victor Hugo devient le premier panthéonisé de la République, peu de temps après sa mort. L’écrivain, engagé dans de grands combats pour l’humanité, dont l’abolition de la peine de mort, sera suivi par plusieurs hommes politiques, dont le président Sadi Carnot, à la suite de son assassinat. Émile Zola, engagé en faveur d’Alfred Dreyfus, est inhumé face à l’auteur des Misérables en 1908. En plus des artistes, ce sont de très nombreux résistants qui ont fait leur entrée dans les caveaux du Panthéon, depuis 1964 et l’inhumation de Jean Moulin : René Cassin, André Malraux, Pierre Brossolette, ou, dernière en date, Joséphine Baker. La place laissée aux femmes, longtemps cantonnées au rôle d’épouse dans la crypte, s’est affirmée ces dernières années, avec l’arrivée de Simone Veil, Germaine Tillion et Geneviève de Gaulle-Anthonioz.
Si la crypte est l’élément central du bâtiment, elle n’est toutefois pas la seule chose à découvrir. Le pendule de Foucault, conçu pour prouver la rotation de la Terre, est visible sous le dôme. Ce dernier est également visitable, chaque jour, permettant d’admirer une vue imprenable sur le quartier latin et Paris.