« Des pertes pour les éleveurs »
Annick Delory préside les sections avicoles de la FNSEA 41 et de la FNSEA Centre-Val de Loire. Également trésorière de la Confédération française avicole, elle dresse un état des lieux sur fond de coronavirus.

Horizons : Combien y a-t-il d’aviculteurs dans le département et la région ?
Annick Delory : Le Centre-Val de Loire compte 650 éleveurs, dont 200 dans le Loir-et-Cher.
Quels sont les principaux bassins d’élevages du Loir-et-Cher ?
Ceux-ci correspondent à l’implantation des abattoirs. Nous en avons deux au nord du département : Droué, dédié aux poulets standards, et Volabraye, à Savigny-sur-Braye, spécialisé dans les dindes. La volaille label est abattue chez Ménard, à Ouchamps, et chez Sergent, à Mer. Il y a également des éleveurs en Sologne.
Quelle est la taille moyenne des élevages ?
En standard, la surface des élevages est de 2 500 m2. En label, ceux-ci mesurent 800 m2. Par ailleurs, Axéréal élevage produit des poules pondeuses biologiques. L’aviculture loir-et-chérienne se trouve principalement dans le nord du département car nous ne pouvons pas y produire uniquement des céréales. Il faut donc de l’élevage et nous avons la chance d’avoir une diversité d’espèces en production avicole.
Quelle est la conjoncture avicole en lien avec le coronavirus ?
Avec le confinement, la consommation hors domicile a disparu. D’où une surproduction en standard. Toutefois, celle-ci n’est pas d’origine nationale mais extérieure car les importations ne sont pas à l’arrêt, empêchant les producteurs français de travailler normalement. (…)
Entre deux lots, nous observons un vide sanitaire supplémentaire d’une semaine ou deux. En production standard, cela représente un coût d’un euro/m2/semaine, soit un manque à gagner de 2 500 euros par semaine et par exploitation. (…)
La production label est confrontée à une baisse de la consommation, surtout en pintades. Conséquence : les abattoirs sont saturés. Les établissements s’arrangent entre eux pour gérer la situation. Ici aussi, les vides sanitaires sont plus longs d’une à deux semaines. D’où des pertes pour les éleveurs.
Qu’en est-il de la production d’œufs ?
Celle-ci se porte très bien. Cependant, les éleveurs ne sont pas payés plus cher bien que les prix augmentent dans la distribution.
Un mot sur la vente directe ?
Dans le Loir-et-Cher, les consommateurs viennent vers les producteurs locaux. Par ailleurs, avec le déconfinement, nous espérons un retour à une situation normale : repas de famille, estivants et restauration collective.
Propos recueillis par Olivier Joly